Petit lexique des outils de mesure de l’opinion
Les définitions de quelques outils et instruments permettant de donner, à un instant t, une mesure des perceptions de l’opinion. Ces outils sont utilisés en sciences humaines et sociales, en politique, en communication et/ou en marketing.
Les outils qualitatifs
Entretiens qualitatifs
Les entretiens d’acteurs ou entretiens qualitatifs sont fréquemment pratiqués par les sociologues et les experts de la concertation. Ils s’organisent, auprès d’un public d’acteurs ciblés et informés (élus, acteurs socio-économiques, représentants d’associations…), sur la base d’un questionnaire ouvert ou semi-ouvert (c’est-à-dire ne proposant pas de réponses pré-formulées de type « questionnaire à choix multiple »).
L’objectif de ces entretiens est en effet d’obtenir les réponses les moins induites, les plus spontanées et les étayées possibles sur les positions, les arguments, les analyses et les perceptions des acteurs sur le sujet concerné (une problématique sociétale ou politique, un projet, etc.).
Focus groupe
Le focus group apporte un résultat du même ordre que celui obtenu avec les entretiens d’acteurs (voir ce mot), mais il s’agit cette fois de faire réagir un groupe de personnes réuni pour la circonstance.
Dans le domaine du marketing, le focus groupe est synonyme de réunion de consommateurs : les participants sont par exemple appelés à tester et à émettre leur avis sur un nouveau produit.
Dans le domaine des sciences sociales et de la concertation, le focus group (ou « l’atelier de citoyens ») est invité à produire collectivement une position argumentée sur une problématique sociétale ou citoyenne, un projet concernant le quartier, etc.
Plus les personnes associées au focus groupe reçoivent d’informations préalables sur le projet ou la problématique, ont la possibilité de questionner sur le fond et d’échanger entre elles – plus donc elles s’approprient le sujet et se construisent un avis –, meilleur est le résultat pour l’observateur et l’analyste.
Les outils quantitatifs
Baromètres, observatoires, etc.
Ces termes, qui sont parfois utilisés de façon générique ou comme des dénominations commerciales, désignent en fait des sondages (voir ce mot), normalement reconduits à intervalles réguliers. Ils sont utilisés en particulier pour mesurer les cotes de confiance, d’avenir ou de popularité – ainsi que leurs évolutions : le « Baromètre des valeurs des Français » de l’institut de sondage TNS-Sofres, réalisé tous les deux ans, en est un exemple reconnu.
Enquête d’opinion
Synonyme de sondage.
Sondage
Le sondage apporte des éléments objectivés sur les opinions ou les préférences de la population, à partir du questionnement d’un échantillon, ou panel, représentatif de cette population. En France, ce panel est généralement constitué d’après la méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de ménage, département de résidence, etc.
Les sondages selon la méthode des quotas se réalisent par téléphone (par des appels téléphoniques successifs jusqu’à ce que les quotas souhaités – nombre de personnes correspondant aux critères attendus en termes de sexe, âge, etc. – soient atteints) mais aujourd’hui également en ligne auprès de panels représentatifs de la population ou de publics cibles (professionnels d’une branche d’activité, tranches d’âges de consommateurs, etc.), qui sont pré-constitués et régulièrement renouvelés.
Le « roi » des sondages en France, et celui qui est aussi le plus fréquemment sujet à polémiques (sur la formulation de la ou des questions posées, le moment choisi pour réaliser le sondage, les marges d’erreur, les incitations matérielles à participer – jeu-concours ou autre… – faites aux sondés des panels pré-constitués…), est le sondage « intentions de vote » pour les élections. Les sondages « sorties des urnes » sont également très appréciés des analystes politiques car ils ont sont les seuls à apporter des éléments d’explication du vote.
Sondage de lecteurs ou d’internautes
Il s’agit ici de questionnaires ou de simulations de vote (sur une thématique, sur un candidat aux élections, sur un produit, etc.) auxquels sont invités à participer les lecteurs d’un journal, d’un site internet ou d’un blog.
Les enquêtes de ce type apportent des éclairages utiles sur les perceptions de l’opinion et fournissent des indications quantitatives : nombre de participants, répartition des positions/perceptions en pourcentages, etc.
Leurs résultats doivent toutefois être accompagnés de réserves : par construction – les répondants ou les votants y participant de manière volontaire –, ils ne font pas appel à des échantillons représentatifs de la population et ne peuvent garantir la même objectivité qu’un sondage au sens strict du terme (voir ce mot).
Twittoscope TM
Ce nouvel outil de mesure de l’opinion très spécifique est né en janvier 2011. Développé par TNS Sofres et Semiocas, il « permet d'identifier les personnalités politiques françaises dont on parle le plus sur Twitter et d'analyser la façon dont elles sont perçues ».
Le Twittoscope propose tous les mois le top 20 des personnalités politiques les plus citées sur Twitter. Le recueil des messages est effectué sur la base d’une liste évolutive de mots clés concernant les personnalités politiques majeures en France. Le top 20 calcule, après filtrage, le nombre de messages émis sur Twitter pour chaque personnalité politique. Cet instrument est également qualitatif : il s’intéresse aux « sentiments » associés aux personnalités politiques dans les tweets, ou messages, analysés (selon quatre catégories : les Positifs, les Echanges d’info, les Critiques, les Rejets).
Véronique Bernard
