Fabriquer son diaporama dans le bon sens

Fabriquer son diaporama dans le bon sens

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Le diaporama ne se néglige pas. Il doit permettre de se faire comprendre d’un public non-expert tout en gardant à l’esprit qu’un bon « dia » n’a jamais sauvé un porte-parole en difficulté ! – alors qu’une bonne préparation oui…

Son élaboration s’appuie sur deux fondamentaux :

- un diaporama est une aide au discours et non un support de communication ou d’information à diffuser tel que : la première question à se poser est de déterminer quel(s) message(s) on souhaite faire passer au public. Pour ensuite s’interroger sur la manière de l’(les) illustrer : texte ? schéma ? photo ? En ayant en tête que les éléments visuels ne sont là que pour faciliter la prise de parole de l’orateur et rendre l’ensemble agréable pour le public. C’est par le verbe et la gestuelle de l’intervenant que passent la conviction et la pédagogie et non par le vidéoprojecteur… Le discours oral est donc au moins aussi structurant que l’outil qui le porte ;

- un diaporama est un processus d’élaboration avant d’être un produit : l’élaboration de son contenu doit avant tout être partagée. Un diaporama élaboré par un consultant pour son client ou délégué à un collègue ne sert à rien si celui ou celle qui l’utilisera n’y a pas contribué et n’a pas pris le temps de formaliser son discours. Et en matière de concertation, la construction du discours se soigne : il doit être pédagogique, accessible, adapté au projet, à son contexte et aux attentes du public présent. D’où la nécessité d’échanges et d’itérations parfois nombreux pendant toute la phase de fabrication du diaporama, mais qui sont le prix de l’appropriation.


Comment s’y prendre concrètement

Partant de ces principes, voici quelques éléments de cadrage à avoir en tête pour élaborer le diaporama d’une réunion de concertation (réunion publique par exemple) :

- sauf cas particulier, il prévoit une présentation de 20 à 25 minutes grand maximum – au-delà, l’attention du public décroît considérablement (voire définitivement) et il s’agit aussi de laisser la place aux questions-réponses qui demeurent l’objet premier de la réunion – et ce pourquoi les participants ont pris la peine de se déplacer. Impossible donc, inutile et contre-productif de vouloir tout dire : il faut s’en tenir à 15 ou 20 écrans (compter en moyenne 1 minute de prise de parole par écran) ;

- le plan de la présentation doit être lisible : l’exercice se concrétise en donnant directement un titre à chaque écran (ou à un groupe de deux ou trois écrans) ;

- les messages-clés sont ensuite saisis directement sur chaque écran, de manière synthétique et télégraphique. Il s’agit de mentionner uniquement les points de repère du discours : arguments, formules qui viennent immédiatement à l’esprit, exemples parlants, chiffres-clés, etc.

- à ce stade, chaque écran est repris en se posant la question suivante : comment illustrer ce message autrement que par des mots – une carte ? un diagramme ? un schéma ? une ou deux photos ? une animation ? Le texte doit rester le dernier recours si aucune solution graphique ou visuelle n’est apparue pertinente ;

- ce qui reste de texte est retravaillé ensuite, en accompagnement ou en complément des illustrations, pour être le plus efficace possible ;

- tous les autres éléments de discours utiles à l’orateur, ses notes, ses aide-mémoire, trouvent leur place dans la botte secrète, c’est-à-dire les « pages de commentaires » de PowerPoint, qui ne s’affichent pas sur l’écran de la salle de réunion : elles sont là pour lui ! ;

- il reste à s’exercer à haute voix à l’intervention sur la base du diaporama terminé : c’est la seule manière de vérifier son adéquation avec le discours oral et la durée totale de la prise de parole (chronomètre en main). Il peut donc encore varier à la marge à cette étape.

Au regard de ces éléments, est-il encore utile de préciser que les écrans débordant de texte sont à proscrire ? La perception d’un orateur, et donc du projet qu’il porte, se joue dans les premières minutes de sa prise de parole. Mais aussi au regard de l’effort qu’il a consacré à rendre sa présentation agréable et compréhensible par tous. On est donc ici très loin du gadget.

Nicolas Camous