L’affaire du registre volé
La concertation sur le réaménagement des abords de la Citadelle à Lille s’est installée bien malgré elle à la rubrique « faits divers » des journaux. L’un des registres, destinés à recueillir les avis des habitants sur le projet, a été volé, obligeant à relancer la démarche…
La Ville de Lille a organisé, entre le 24 janvier et le 25 février 2011, une concertation sur le projet des abords de la Citadelle Vauban, destiné à transformer l'ancien stade Grimonprez-Jooris en vaste zone de pelouse ouverte à tous et consacrée aux sports et aux loisirs.
Pour permettre aux habitants d’exprimer leurs avis, questions et suggestions sur le projet, des registres étaient à disposition à la mairie de Lille et dans trois mairies des quartiers du secteur concerné. Mais le registre du quartier Vauban-Esquermes a proprement disparu au cours de la concertation et avec lui toutes les expressions que les habitants y avaient consignées.
Registre volé = risque de recours
Face à cette malheureuse péripétie, la Ville de Lille a préféré relancer la concertation. Cette dernière reprend donc, entre mi-juin et mi-juillet 2011, uniquement dans la mairie de Vauban-Esquermes : les panneaux d’information sur le projet sont réinstallés et un nouveau registre est ouvert.
Le vol du premier registre faisait en effet courir un risque juridique, que la Ville a souhaité lever rapidement : « Légalement, on pouvait même se passer de relancer cette concertation, mais on prenait le risque d'un recours », précisait le 24 mai 2011 Walid Hanna, adjoint au maire de Lille en charge des quartiers, au quotidien La Voix du Nord.
Un fait divers certes. Mais il interpelle les porteurs de projets sur l’attention à porter aux registres de concertation. Ces derniers sont installés dans des lieux publics puisqu’il faut qu’ils soient facilement accessibles ; ils sont donc par essence des points de fragilité de la démarche. Les vols sont heureusement rares, mais il arrive parfois que des registres fassent l’objet de dégradations, que des pages soient griffonnées ou déchirées, faisant ainsi disparaître tout ou partie des mentions inscrites par les habitants.
On peut se prémunir, un peu,
contre vols et dégradations...
Pour éviter les ennuis, les registres peuvent être attachés à leur table (avec discrétion tout de même !), leur présence contrôlée régulièrement et leurs pages photocopiées chaque soir pour garder trace. Il est toutefois difficile de faire plus : les mettre au coffre et ne les sortir que sur demande serait démotivant pour les personnes qui font l’effort de participer à la concertation et très critiquable (voire attaquable ?) en termes d'accessibilité. La règle est donc simple : se prémunir au mieux, oui, viser le risque zéro, certainement pas.
Le projet Citadelle ne souffrira pas de ce contretemps : le vol du registre ne menace pas l’avancement des études et des procédures et la Ville de Lille précise bien que l’échéance de 2014 sera tenue. Il reste donc le mystère : qui a fait cela et pourquoi ?
Véronique Bernard
Sources : La Voix du Nord, France 3 Nord-Pas-de-Calais,
20 minutes.fr
