Eolien en mer : l’heure de vérité ?

Eolien en mer : l’heure de vérité ?

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L’appel d’offres lancé par le gouvernement français le 12 juillet dernier sur le développement de parcs éoliens en mer donne un coup d’envoi à de futurs débats locaux. Ils seront probablement riches d’enseignements sur les questions énergétiques et les problématiques riveraines.

Le plan de développement des énergies renouvelables de la France issu du Grenelle Environnement (23 % d’énergies renouvelables d’ici 2020) prévoit notamment une accélération du développement de l’énergie éolienne en mer : il vise l’installation d’une capacité de 6 000 mégawatts à l’horizon 2020. Dans ce cadre, le gouvernement français a lancé le 12 juillet 2011 un appel d'offres pour la construction de 600 éoliennes au large des côtés de la Manche et de l'Atlantique, pour une puissance totale de 3 000 mégawatts. Cinq zones ont été retenues : Le Tréport (Seine-Maritime), Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados), Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Les Deux-Côtes :
un débat public précurseur


Le débat public sur le projet de parc éolien en mer des Deux-Côtes, qui s’est tenu du 28 avril au 10 septembre 2010, est précurseur : il permet de prendre la mesure des multiples thèmes de discussions qui pourraient surgir dans les futurs débats sur les cinq zones retenues. Porté par la Compagnie du Vent, filiale de GDF-Suez, le projet des Deux-Côtes consiste à installer un parc éolien au large des côtes de la Somme et de la Seine-Maritime, à hauteur du Tréport.

A la lecture du compte rendu du débat public ainsi que de la décision de la Compagnie du Vent de décembre 2010 sur la poursuite du projet, on retient les nombreuses questions posées sur les conséquences du parc sur les zones et les conditions de pêche, les enjeux paysagers, les effets sur la faune marine et les oiseaux, les bénéfices attendus en termes économiques…

L'opinion publique
est à priori favorable


Autant de sujets qui illustrent la complexité de ces projets nouveaux pour la France, pourtant souhaités par une grande majorité de décideurs publics et par la population : selon un sondage TNS Sofres réalisé après le débat des Deux-Côtes par la Compagnie du Vent, 61 % des personnes interrogées au niveau national et 65 % de celles questionnées en Somme et Seine-Maritime se sont exprimés en faveur du projet. En quelque sorte, le message de l’opinion semble être : oui à l’éolien en mer, mais la vigilance sera particulièrement importante sur les conditions de réalisation.

Une dimension que les candidats à l’appel d’offres du gouvernement veilleront très certainement à intégrer dans leurs propositions.

Nicolas Camous