Modélisation 3D ou maquette physique ?
Ce qui était hier une option est aujourd’hui devenu la règle : plus une information ou une concertation digne de ce nom, sur un projet d’aménagement, sans faire appel à une modélisation. Mais entre les outils informatiques et les maquettes physiques, que choisir ? Revue des avantages et inconvénients de chaque solution.
La 3D : esthétique et « active »
Le recours à la 3D est aujourd’hui devenu incontournable et il est vrai que la technologie permet de visualiser à peu près tout. Mais elle n’est pas nécessairement la seule solution.
Cette modélisation comporte d’indéniables avantages : elle est généralement d’une bonne, voire excellente qualité graphique et surtout elle est « active » : les outils de modélisation permettent des vues sous tous les angles, des zooms, des visites virtuelles… Certains permettent même de changer, en direct, certaines caractéristiques du projet (couleur de bâtiments, par exemple…). Leur souplesse – nul besoin d’être diplômé en informatique pour utiliser les logiciels – leur permet d’être utilisées par les équipes projets avec une grande facilité (voir à titre d'exemple la modélisation des hypothèses de tracé des projets ferroviaires Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne conduits par Réseau Ferré de France). Et l’expérience de ce type d’outil montre combien il est apprécié des participants.
Mais la modélisation 3D, si elle a de nombreux atouts, a aussi un coût qui peut s’avérer non négligeable. Les grandes infrastructures de transport, non représentables physiquement parce que leur linéaire est très important, la justifient particulièrement.
La maquette physique :
concrète et « conviviale »
Dans d’autres cas, le recours à la « bonne vieille » maquette physique reste tout à fait valable. Celle que l’on pouvait croire détrônée par les nouvelles technologies a encore quelques beaux jours devant elle. Certes, elle reste onéreuse – dans une moindre mesure – mais elle n’est pas dénuée d’avantages : le fait de pouvoir « toucher » le projet est, dans un cadre d’une information ou d’une concertation des habitants, une plus-value : on évite notamment la froideur de la 3D, dont les images sont aussi parfois un peu trop esthétiques pour être réellement convaincantes.
Par ailleurs, la maquette physique est « autoportante » : sous réserve de quelques précautions, elle peut être laissée en exposition dans un lieu public pendant plusieurs jours, voire semaines. Enfin, rien de tel qu’une séance de partage avec des acteurs locaux, debout autour d’une maquette, à expliquer et échanger sur son projet, pour progresser ensemble vers une solution optimale ! En cela, elle convient particulièrement bien pour les projets d'urbanisme ou de transport lorsqu'ils sont de dimension locale.
En tout état de cause, ces outils font aujourd’hui consensus : ils sont autant appréciés par le public et les acteurs de la concertation que par les équipes projet. Et ce sont de vrais facilitateurs de dialogue.
Nicolas Camous
