Jean-Paul Delevoye au prochain forum Cap’Com
Cap’Com organise à l’attention d’un public professionnel son « 23e forum de la communication publique et territoriale », les 6, 7 et 8 décembre prochain à Dunkerque. Un grand débat en présence de Jean-Paul Delevoye, « dernier » médiateur de la République française, y est annoncé.
Dernier, puisque l’institution qu’il présidait a été remplacée par celle de « Défenseur des Droits » (Dominique Baudis nommé le 22 juin 2011 par le conseil des ministres) intégrant le Défenseur des enfants, la Commission nationale de déontologie de la sécurité et la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde).
Les Français n’ont plus confiance
Le médiateur de la République et ses quelque trois cents collaborateurs ont rendu chaque année un rapport sur les relations des Français avec les administrations (45 000 litiges traités en 2010), considéré comme l’un des plus riches et des plus éclairants thermomètres sur l'état de la société française.
Jean-Paul Delevoye, par ailleurs président du Conseil Economique, Social et Environnemental, interviendra au forum Cap’Com dans un débat intitulé « La communication publique est-elle encore crédible ? »… au cœur du sujet central de cette rencontre professionnelle, elle-même baptisée « Communiquer : un contrat de confiance ».
Une société épuisée
Jean-Paul Delevoye y reviendra sur son ultime rapport (mars 2011) qui tirait justement la sonnette d’alarme sur la perte de confiance dans les services publics, sur le délitement des solidarités, sur l’absence de réponse politique à l’épuisement (le « burn out ») de la société française.
Son constat et ses interpellations sont à réécouter attentivement (vidéo ci-dessous) dans cette période de campagne électorale. Ils restent éminemment valables pour tous les acteurs en prise avec l’opinion et pour les professionnels de la communication politique et institutionnelle.
Véronique Bernard
Jean-Paul Delevoye sur TV5 le 8 avril 2011
« C’est la grande fatigue, la grande usure et c’est vrai qu’aujourd’hui, il y a un très grand décalage entre les citoyens et les politiques, voire même les syndicats. »
« Il y a un regard très critique parce que le peuple français est un peuple très politique, il a mesuré l’importance des enjeux politiques, l’indépendance énergétique, l’indépendance alimentaire, l’équilibre du monde, et plus il prend conscience que ces enjeux sont déterminants pour son avenir et importants, moins il supporte le comportement des politiciens qui cherchent quelquefois plus à privilégier la conquête d’un pouvoir qu'à faire gagner le pays. »
« Quand on pose aux Françaises et aux Français la question sur le destin collectif de la France, ils sont très pessimistes. Quand on pose la question sur leur destin individuel, ils sont parfaitement conscients de leurs capacités individuelles. »
« Sur les valeurs du collectif, il y a des capacités de mobilisation. La jeunesse est totalement prête à s’investir mais elle ne croit plus qu’en elle-même. »
Le pré-programme du 23e forum Cap’Com
(« Communiquer : un contrat de confiance ») est ici.
