Montebourg fait campagne dans la rue

Montebourg fait campagne dans la rue

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Arnaud Montebourg, candidat aux primaires du Parti socialiste, invente le « stand-up » : le contact direct avec les citoyens, micro en main pour des meetings improvisés dans les rues des grandes villes de France. Un exercice inédit dans une campagne électorale. Et ça marche.

Tout en s’abstenant de parti pris politique, les professionnels de la communication ne peuvent que saluer le culot, et l'efficacité, des « stand-up » pratiqués par Arnaud Montebourg. Cela commence ainsi : les équipes du candidat déploient dans la rue ou sur une place, si possible fréquentée, le « stand parapluie » qui sert de toile de fond au meeting improvisé et sur lesquels s’alignent le slogan « La nouvelle France » et les mots-clés de la campagne (VIe République, Démondialisation, Mise sous tutelle des banques, etc.).

Le candidat s’installe debout devant le décor et prend simplement la parole pour commencer son discours : « Bonjour, je m’appelle Arnaud Montebourg et je suis candidat à la présidence de la République. » Les passants s’arrêtent, ils sont quelques-uns d’abord, puis dix, puis vingt, jusqu’à plusieurs centaines. Montebourg s’interrompt aussi pour répondre aux questions de son public de badauds. Et il rejoue la scène ainsi depuis quelques semaines, à Reims, à Tours ou à Toulouse.

L’objectif : « ramener les Français
dans l’espace public »


Une performance de communication qui exige engagement physique et personnel. Elle répond à un objectif très précis qui, comme l’indique le site internet du candidat, valorise le contact avec les citoyens sans filtre et sans intermédiaire, avec un cérémonial minimal qui s'éloigne de toute dimension institutionnelle (celle que revêtent par exemple la réunion publique ou le meeting en salle) :

« Si les gens ne viennent plus à la politique, charge à elle de venir vers eux. Les plus démunis, les victimes de la crise, les mécontents et les précaires n'ont que la politique pour se défendre face aux puissances de l'argent et de l'information qui chaque jour les écrasent et les marginalisent. Cela donne à l'élu une nouvelle mission, décisive. Mais cela implique d'abord de réduire cette fracture politique qui sépare les élus de leurs concitoyens en leur parlant simplement, sans ambages et sans les filtres habituels. C'est tout le sens du "stand-up" improvisé partout par Arnaud Montebourg, dans les villes et les villages de France et de Navarre. Il ne s'agit pas d'un show ou d'un gadget politique de plus, mais d'une rencontre directe avec les citoyens - le retour de l'agora. […] Là sera l'enjeu de la présidentielle de 2012 : réduire la fracture politique, et ramener les Français dans l'espace public. »

A regarder ci-dessous, comme une modalité de campagne politique innovante qui, on peut l'affirmer sans grand risque de se tromper, fera date.

Nicolas Camous


Le « stand-up » de Toulouse (22 septembre 2011)