Les Français « décrochent » du politique
Australie a publié fin septembre la dernière livraison de son étude « Publicité & Société » réalisée par TNS Sofres. La mise en perspective des résultats de cette enquête, conduite depuis 2004, montre que le décrochage des Français par rapport au politique n’a jamais été aussi important.
L’étude d’Australie est réalisée, pour sa dernière mouture, auprès de 1 006 personnes (interrogées entre le 25 août et le 1er septembre 2011). Elle aborde, comme chaque année depuis son lancement, la question de « la relation des Français avec la communication » et plus largement avec l’univers marketing.
Quatre « décrochages »
Voici ce que constate globalement l’étude :
• un niveau de pessimisme jamais atteint depuis 2004 chez les personnes interrogées ;
• la difficulté à vivre bien chez un nombre croissant de Français ;
• un désintérêt de plus en plus marqué pour le politique ;
• un fossé qui se creuse entre un part importante des Français et le marketing en général.
La livraison 2011 s’intéresse aussi aux relations entre les Français et leurs représentants élus. En effet, elle reprend un focus déjà mis en œuvre en 2008 sur les Français et la communication des femmes et des hommes politiques. Et au vu des résultats présentés, au moins deux éléments méritent d’être soulignés pour l'éclairage des porteurs de projets.
Le modèle « consommatoire »
est remis en cause
Le fait qu’une proportion très importante des personnes interrogées (33 %) s’oppose aujourd’hui au modèle « consommatoire » (pour reprendre les termes de TNS Sofres).
De quoi donner un écho particulier aux arguments, portés de manière de plus en plus importante dans les concertations et les débats publics, sur la remise en cause d’un certain modèle de développement et de croissance – voire aux arguments valorisant expressément la décroissance.
L’impression de ne pas avoir
les moyens de s’exprimer
La distance de plus en plus importante entre la population et les élus qui sont supposés la représenter, due notamment à un sentiment d’absence d’écoute et de considération.
Comme le précise TNS Sofres, « la façon dont les marques traitent leurs clients à travers la communication et le marketing est à mettre en cause et comme les hommes politiques, les marques doivent retrouver rapidement le cœur de leurs consommateurs […]. La considération reste le mot d'ordre. Face à des personnes qui, pour beaucoup d'entre elles, ont le sentiment de ne pas être aux manettes, politiques et marques semblent n'avoir pas changé de mode relationnel. A une époque où théoriquement chacun a les moyens de s'exprimer, c'est le contraire qui est souvent ressenti ».
Conclusion de l’institut : « Quant aux hommes politiques... on a souvent l'impression qu'eux non plus ne sont pas aux manettes. Ils doivent avant tout retrouver une sincérité et faire preuve d'engagements clairs, plutôt que de chercher à plaire à tous en parlant la langue de bois. »
A noter toutefois : le sondage a été réalisé avant les primaires socialistes, dont le succès en termes de participation et d'intérêt de la part des Français pourrait faire mentir ce préoccupant constat.
Nicolas Camous
